N°14 — Typographie
Typographie

Ce que dessine une fonderie de caractères en 2026

Entre commandes sur-mesure et polices variables, le métier de dessinateur de caractères se réinvente loin des projecteurs.

Marc Delaunay

Marc Delaunay

Chroniqueur typographie

21 juillet 2026 8 min 9.6 k lectures
Ce que dessine une fonderie de caractères en 2026

Dans un atelier sans enseigne, trois personnes dessinent des lettres à longueur de journée. Elles ne cherchent pas la police qui fera le buzz, mais celle qui se fera oublier une fois posée dans un texte long.

La police variable a tout changé. Un même fichier contient désormais des dizaines de graisses et de largeurs, réglables au pixel près. Le dessin ne s'arrête plus à une forme figée, il définit un espace de possibles.

Un caractère, ça se juge sur un paragraphe entier, pas sur un logo.

Mais la technologie ne remplace pas l'œil. Il faut encore décider où couper un empattement, comment un e s'ouvre, à quel moment une courbe devient molle. Ces décisions ne se calculent pas. Elles se sentent.

Le sur-mesure revient en force. Une identité forte veut aujourd'hui son caractère propre, comme on voulait autrefois son monogramme. La fonderie devient un partenaire, plus un catalogue.

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Marc Delaunay

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Chroniqueur typographie

Dessinateur de caractères, il défend l'idée qu'un bon texte se lit d'abord avec les yeux fermés.

Commentaires(2)

Mathildeil y a 2 jours

Un angle que je n'avais pas du tout envisagé. Le parallèle avec les pratiques des années 70 est particulièrement juste.

Julien R.il y a 4 jours

Article très documenté. J'aurais aimé plus de détails sur la partie économique, mais dans l'ensemble c'est rare de lire quelque chose d'aussi nuancé sur ce sujet.

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